Cyber-fraudes : le cauchemar des banques belges
Les cyber-attaques et tentatives de fraudes contre les institutions financières en Belgique génèrent des pertes de plus en plus importantes. 74% des professionnels spécialisés dans la fraude constatent le fossé grandissant entre la détection et les enquêtes sur les attaques. Le remboursement en cas de sinistre reste encore très limité. Mais l’entrée en vigueur prochaine de la règlementation PSD3 élargira la responsabilité des banques. Explications avec Rob Vink, Country Manager Benelux de BioCatch et Thomas Peacock, Director of Global Fraud Intelligence de l’entreprise.
Une étude menée auprès de 100 cadres dirigeants de la gestion de la fraude et de la conformité au sein des banques dans le Benelux montre que la fraude continue de progresser à un rythme inquiétant.
Thomas Peacock, Director of Global Fraud Intelligence chez BioCatch, commente les résultats de l’enquête : « 74% des professionnels de la fraude observent une hausse de la criminalité financière au sein de leur banque qui conduit à une augmentation des pertes annuelles liées aux cyber-attaques ». Mais la conclusion la plus intéressante porte sur le fossé qui se creuse entre la détection des attaques et l’investigation sur les incidents.
« La grande majorité des dirigeants bancaires en Belgique (82%) admettent que leur banque a besoin de plus d'une journée pour enquêter sur les cas de fraude. C'est nettement supérieur à la moyenne mondiale qui s’établit à 53 % », explique Thomas Peacock.
Des remboursements encore très limités
Malgré l'augmentation des fraudes financières, les remboursements dans le Benelux restent relativement limités : seuls 33 % des sondés ont admis que leur organisation rembourse plus de la moitié des dommages causés par l'escroquerie. Ce chiffre est remarquablement inférieur à la moyenne européenne (53 %).
Il est important de noter qu’il y a encore quelques années, les escroqueries étaient rarement remboursées dans les cas où le client avait lui-même approuvé la transaction, sauf si la banque avait manqué à ses obligations de sécurité.
Mais la situation est en train de changer sous la pression de la réglementation européenne PSR (destinée à combler les failles de la cybersécurité) et des modifications à venir de la PSD3 qui élargiront la responsabilité des banques.
Rob Vink, Country Manager Benelux de BioCatch, constate que « les trois quarts des dirigeants de banques s'y préparent activement ».
Les paiements en temps réel pointés du doigts
Quatre dirigeants de banques sur cinq (86%) en Belgique constatent que les paiements SEPA en temps réel ont augmenté le risque de fraude. Et tous les responsables sondés dans notre pays reconnaissent que le passage au nouveau système de paiement numérique européen Wero, a un impact sur les schémas et les volumes de fraude.
Pour tenter de remédier à cette situation alarmante, les institutions financières prévoient d’augmenter les investissements destinés à moderniser leurs technologies de prévention de la fraude. Il y va désormais de la réputation des banques, bien que la moitié des dirigeants des institutions financières en Belgique admettent que les pertes financières associées à la fraude constituent leur préoccupation majeure.
Et à Rob Vink de conclure : « les banques qui réagissent le plus rapidement face aux cyber fraudes n'attendent pas que la réglementation soit finalisée. Elles investissent dès aujourd'hui dans des technologies d'authentification forte des clients et de détection en temps réel des manipulations. Dans un environnement SEPA, qui permet aux entreprises et aux particuliers d'effectuer facilement des paiements en Europe, le coût du report augmente trop rapidement ».
Téléchargez le rapport pour consulter l'intégralité des résultats de l'enquête: https://www.biocatch.com/2026-benelux-survey-of-banking-leaders-on-fraud-risk